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Mali : Paris et Moscou s’opposent à une refonte de la Minusma réclamée par Washington

Mali : Paris et Moscou s’opposent à une refonte de la Minusma réclamée par Washington
La Russie et la France ont exprimé le 15 janvier leur profond désaccord avec la proposition américaine de redéfinir les prérogatives de la mission onusienne chargée du maintien la paix au Mali (Minusma).

Les Etats-Unis ont réclamé le 15 janvier au Conseil de sécurité de l’ONU une refonte, couplée à une réduction, de la mission de paix de l’ONU au Mali (Minusma), une position rejetée par la France et la Russie. «Il est temps pour ce Conseil de commencer à développer une approche alternative pour faire face à l’instabilité croissante au Mali», a affirmé l’ambassadrice américaine adjointe à l’ONU, Cherith Norman Chalet. «Nous devons reconnaître que les missions de maintien de la paix ne sont pas la réponse aux menaces terroristes croissantes au Mali», a-t-elle insisté.

Les Etats-Unis, qui réfléchissent actuellement à une réduction de leur présence militaire en Afrique, mettent régulièrement en cause depuis 2018 l’utilité de la Minusma, une force de 15 000 casques bleus dotée d’un budget annuel de 1,2 milliard de dollars et présente au Mali depuis 2013.

Cherith Norman Chalet a par ailleurs souligné que la Minusma devait cesser de soutenir l’application d’un accord de paix signé en 2015 et peu respecté par ses signataires. Elle devrait «se focaliser sur la protection des civils» et «la mission peut réduire sa taille», a estimé la diplomate.

La représentante des Etats-Unis a réclamé «une nouvelle approche qui rompe avec le statu quo» d’ici juin, mois au cours duquel le mandat de la Minusma arrive à expiration. Cherith Norman Chalet a également réclamé que l’ONU adopte des sanctions «contre les individus et entités issus de toutes les parties au conflit, incluant des responsables du gouvernement et des membres de groupes armés» qui contreviennent à l’accord de paix.

Nous continuerons à en avoir besoin et à la soutenir

Avant la réunion du Conseil de sécurité, l’ambassadeur français à l’ONU, Nicolas de Rivière, avait souligné au contraire devant les médias que «la Minusma restait un outil très important». «Nous continuerons à en avoir besoin et à la soutenir», avait-il ajouté. De son côté, l’ambassadeur adjoint de la Russie à l’ONU, Dmitri Polianski, a rejeté catégoriquement devant le Conseil la demande américaine relative à la Minusma. «Nous ne sommes pas disposés à examiner des options pour une révision sérieuse de ses paramètres de fonctionnement ou pour la réduction de sa présence», a-t-il martelé.

Intervenant au nom du Niger, de l’Afrique du Sud et de la Tunisie, les trois membres africains du Conseil de sécurité, l’ambassadeur nigérien à l’ONU, Abdou Abarry, a salué pour sa part «les progrès» réalisés par le Mali. Il a dans le même temps lancé «un appel aux partenaires bilatéraux et multilatéraux à renforcer leur soutien au gouvernement du Mali dans la mise en œuvre de l’accord de paix», demandant notamment «d’aider les forces de défense et de sécurité par le renforcement des capacités logistiques, opérationnelles et de renseignements».

Source : RT France

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